Tombe de Robert V d'Estouteville et Marguerite d'Hautot

 

Tombe de Robert V d'Estouteville et Marguerite d'Hautot

Collection Gaignières (
c. 1702). BnF.

 

Robert meurt entre décembre 1333 et le 11 juin 1334, selon les documents de la procédure de Baigneville (ci-après). Sa dépouille rejoint celle de Marguerite sous la grande dalle de marbre noir. La Collection Gaignières conserve un dessin de leur tombe exécuté vers 1702952. La légende l’accompagnant précise que les visages sont ‘de marbre blanc’. Il semble donc que certaines incrustations étaient encore présentes à cette époque. Mais les inscriptions supposément reproduites sont fantaisistes : l’année de décès de Marguerite — ‘lan de grace mil ccc. z lx’, 1360 — n’est pas celle inscrite dans la pierre, et une date tout aussi erronée a été ajoutée pour Robert — ‘le v. Juing en lan de grace mil ccc. xxi.’, 1321953 —, la gravure de son épitaphe, aussi étonnant que cela puisse paraître, n’ayant jamais été achevée954.

(T. 1, p. 219-220)


952. Gallica, btv1b6907343t.
953. Les dessins de la Collection Gaignières, s’ils présentent le grand intérêt de montrer des monuments disparus, dont ils sont souvent l’unique représentation conservée, ne sont pas exacts dans le détail. Voir Bertrand PÂRIS, Que penser des calques de Gaignières ? dans BSAN-68, 2010, p. 213-219. À Valmont comme à Préaux (cette étude porte sur les sépultures de la famille de Préaux), la survivance du monument dénonce les anomalies de la reproduction : blasons remplacés (à Préaux), texte décalé de son emplacement véritable, passé en majuscules, réorthographié, et surtout complémenté à l’aide d’informations extérieures, ‘amélioré’... D’où parfois de grosses bourdes : Louise d’Estouteville, de la branche Villebon (t. 2, ch. 44), inhumée à l’abbaye de Beaubec-la-Rosière (Seine-Maritime, a. Dieppe, c. Gournay-en-Bray), voit son patronyme de Touteville transformé en un sibyllin ‘petrouille’ (Gallica, btv1b10529243h) ; sa sœur Jeanne, ensépulturée à l’abbaye de Champagne (à Rouez, Sarthe, a. Mamers, c. Sillé-le-Guillaume), par une superposition visible de caractères particulièrement significative, trépassa ‘Le dix huitiesme Jour de Septembre Lan mil cccclxxvi au mois de mars’ (Gallica, btv1b6905035m), etc. Voir aussi les notes 348 A et 753.
954. La sculpture en relief de l’inscription, d’une grande finesse, requérait pour son achèvement une maîtrise particulière, que n’avaient peut-être pas les artisans disponibles à la mort de Robert. 

 
 

Pierre tumulaire de Robert V d'Estouteville et Marguerite d'Hautot

Épitaphe inachevée. Abbatiale de Valmont. 2015.

 

Pierre tumulaire de Robert V d'Estouteville et Marguerite d'Hautot

Comparer sur le dessin la position du texte et la forme du pinacle.