Tombe disparue de Marie d'Estouteville, abbesse d'Yerres (1520-1537)

 

Tombe disparue de Marie d'Estouteville, abbesse d'Yerres

Fille de Charles II d'E.-Villebon et d'Hélène de Beauvau.
Abbaye d'Yerres.
Collection Gaignières (
c. 1704). BnF.

 

Elle est la prieure de l’abbaye Notre-Dame d’Yerres2167 en 15182168, sous l’abbatiat de sa parente Marie de Savoisy, introductrice de la réforme de la discipline en ces lieux bénédictins. Marie lui succède en 1520. Un incendie a ravagé les bâtiments conventuels peu de temps auparavant : le 1er janvier 1517/8, le roi François Ier faisait don aux religieuses d’une somme de 320 livres tournois pour les aider à reconstruire leur dortoir détruit par les flammes2169, et le 16 novembre 1520, émet un mandement visant à leur bailler 1000 livres de plus pour les aider à achever la construction du dit dortoir et autres bâtiments2170. La nef de l’abbatiale est agrandie sous le mandat de Marie. Selon la Gallia christiana, « elle est considérée comme la seconde fondatrice de cette abbaye, dont elle rénova la quasi-totalité des lieux, ainsi qu’en témoignent ses armoiries »2171, aujourd’hui disparues. L’église aussi a disparu, mais quelques vestiges des reconstructions, modifiées postérieurement, subsistent. Le dortoir du XVIème siècle, menacé par l’abandon et les déprédations, est réaménagé avec l’ancienne pharmacie et la maison des abbesses en logements et pépinière d’entreprises dans les années 2000. Marie meurt le vendredi 11 janvier 1537/8, « jouissant d’une réputation de sainteté exceptionnelle »2172. Des miracles se seraient même opérés sur sa tombe2173. Selon sa reproduction dans la Collection Gaignières (c. 1704), cette plate-tombe disparue était située ‘vis a vis la grille en dehors au milieu de l’Eglise’. La défunte est représentée en abbesse crossée, les yeux ouverts et les mains jointes en prière, sous un dais architectural orné de onze personnages en pied dans des logettes. L’ensemble est encadré à mi-hauteur par deux blasons aussi crossés, qui scindent la zone de texte et affichent un burelé au lion brisé d’une étoile sur l’épaule du lion2174.

(T. 2 à paraître)


2167. Essonne, a. Évry, chef-lieu de canton.
2168. Jean-Marie ALLIOT, Histoire de l'abbaye et des religieuses bénédictines de Notre-Dame-d'Yerres, Paris, 1899, p. 183n. Selon un acte nommant les trente-deux professes avec leurs fonctions.
2169. CAFP-5, n° 16530.
2170. CAFP-1, n° 1272.
2171. GC-7, c. 610.
2172. ‘Obiit Maria xi. Januarii 1537. die Veneris, hoc est 1538. cum eximiae sanctitatis fama’. Ibid., id.. Les documents confirment que l’abbatiat de Marie s’étend de 1520 à 1537. Notamment, elle se dit elle-même ‘M. de Stouteville, humble abbesse’, en janvier 1520/1 (ALLIOT, ibid., p. 190, 195).
2173. Ibid., p. xv.
2174. Gallica, btv1b6907681j. L’épitaphe sur le dessin date son décès du vendredi 11 janvier 1533, à l’âge de 64 ans. Le 11 janvier 1537/8 était un vendredi, le 11 janvier 1533/4 un dimanche. Le lion du blason de gauche est lampassé, pas celui de droite...

 
 

Abbaye d'Yerres

Vue de l'abbaye dans la même collection. BnF.