Tombe disparue de Jeanne d'Estouteville

 

Tombe disparue de Jeanne d'Estouteville

Fille de
Blanchet d'E.-Villebon et Marguerite de Vendôme.
Abbaye Notre-Dame de Champagne.
Collection Gaignières (
c. 1695). BnF.

 

Elle est mariée par contrat du 19 août 1451 à Guy de Beaumanoir2080, seigneur de Lavardin et d’Assé-le-Riboul2081, selon la Chronique de la maison de Champagne fils d’un chevalier breton installé dans le Maine :

Jean de Beaumanoir vint pieça du pais de Bretagne en icel pais du Maine ; estant audit pais de Bretagne d’un lignaige de haute et noble chevallerie, et se maria audit pais du Maine a Alix, fille estant seule au noble chevallier Foulques Riboule, seigneur d’Asse le Riboule, seigneur estant de Lavardin, et fille encore a Jehanne espouse d’icel Foulques2082.

Le couple fait un legs de 120 livres à l’abbaye cistercienne de Champagne-au-Maine2083, nécropole des Riboul, avant d’y être inhumé2084. La Collection Gaignières conserve des reproductions à l’encre (c. 1695) de leurs plates-tombes disparues. Celle de Jeanne se trouvait ‘a droite prés les Chaires dans le Sanctuaire’. Elle est représentée sous un dais architectural porté par deux fines colonnes, les yeux ouverts et les mains jointes en prière, la tête couverte d’un voile, vêtue d’une robe dont la jupe est décorée de motifs évoquant un feuillage. À ses pieds, un angelot présente un écu au blason burelé au lion. Par une superposition visible de caractères particulièrement significative de la méthode de complémentation pratiquée par Roger de Gaignières et ses collaborateurs, son épitaphe la dit décédée ‘Le dix huitiesme Jour de Septembre Lan mil cccclxxvi au mois de mars’2085. Elle n’est en tout cas plus en vie en 1477 et 1479 (ci-après). La tombe de Guy se situait ‘a gauche prés les marches du grand Autel dans le Sanctuaire’. Les yeux clos, la tête nue, glabre, les cheveux courts ondulants, les mains jointes en prière, il est vêtu d’une armure sous un tabar armorié, armé au côté gauche d’une épée passée dans un ceinturon. Le blason de sa tunique rappelle au sein d'un double écartelé les armes des Beaumanoir de Bretagne et des Riboul : d’azur à 11 billettes d’argent, 4, 3 et 4 ; parti émanché d'argent et de sable. Selon l’épitaphe transcrite, il est mort le 15 juin 14862086. Jules Chappée, qui a effectué des fouilles dans l’abbaye à la fin du XIXème siècle, a retrouvé dans une ferme quelques fragments de cette tombe intégrés au bâti d'une porte d'étable2087.

(T. 2 à paraître)


2080. Philippe-Joseph CAFFIAUX, Trésor généalogique ou extraits des titres anciens..., t. 1 (le seul paru), Paris, 1777, p. 695.
2081. Les deux dans la Sarthe, a. Mamers, c. Loué et Sillé-le-Guillaume.
2082. Revue historique et archéologique du Maine, t. 25, Mamers, 1889, p. 191. Ce qu’écrit le père Anselme de Jeanne et de son mari dans ses généalogies des Estouteville et des Beaumanoir est très contradictoire (HGF-8, p. 100 ; HGF-7, p. 384).
2083. À Rouez, Sarthe, a. Mamers, c. Sillé-le-Guillaume.
2084. AD72, H 804. Référence en 1491.
2085. Gallica, btv1b6905035m. Le relevé original la dit morte le 18 septembre sans l’année (BnF, ms la 17125, f° 7r). Concernant les réécritures Gaignières, voir la
note 953 du tome 1. L'effigie de Jeanne gravée sur sa tombe fait l’objet de deux autres dessins : btv1b69023401, btv1b69348792.
2086. Gallica, btv1b6905033s.
2087. Jules CHAPPÉE, Les sépultures de l’abbaye de Champagne et les fouilles de 1895-1896, dans la Revue historique et archéologique du Maine, t. 41, Mamers, 1897, p. 373.

 
 

Tombe disparue de Guy de Beaumanoir

Tombe disparue de Guy de Beaumanoir, mari de Jeanne.
Abbaye Notre-Dame de Champagne.
Collection Gaignières (
c. 1695). BnF.

 

Dans le même fonds à la BnF.

>>>>> Portrait de Jeanne d'après sa tombe.

>>>>> Autre portrait de Jeanne d'après sa tombe.

>>>>> Portrait de Guy d'après sa tombe.

>>>>> Tombe de leur fils Lancelot.

>>>>> Vue de l'abbaye de Champagne.

>>>>> Copies de chartes scellées, dont celles des Riboul, dans le cartulaire de l'abbaye. Ms la 17125.