Sceau de Jean d'Estouteville, cadet du Bouchet (1388)

 

Sceau de Jean, cadet du Bouchet

Fils de Louis, seigneur du Bouchet, et de Jeanne de Vieuxpont.
BnF, ms fr 27566 (Pièces originales 1082), n° 75. 2024.

 
Le blason complet de ‘Lois d’Estouteville du Bochet’ est d’Estouteville, ‘burelei d’argent et de gueules, a I lion noir rampant’, brisé d’une ‘fleur de lis d'or sur l'espaule du lion’1557.

[...]

Descendance
En 1365/6, selon une réobligation de la rente de Saint-Yved, les fils de Jeanne et héritiers de Louis sont Robert, ‘chevalier seigneur de Courcelles’, et Jean
1558.
Robert II d’E.-BouchetLes landes de Great-Aytont. 2, ch. 35.
Jean. SPC
Le 23 octobre 1395, Jean d’Estouteville, écuyer, est dit le tuteur des enfants mineurs de feu Robert d’Estouteville, chevalier seigneur du Bouchet, dont il est le frère puîné ; il percevra à ce titre 12 livres par an sur sa terre d’Héricourt en Auge
1559.
1560

(T. 1, p. 349-350)


1557. Louis DOUËT d’ARCQ (éd.), Armorial de France de la fin du quatorzième siècle, Paris, 1859, n° 217. Le manuscrit est daté de 1406, mais beaucoup de personnes nommées ont vécu un demi-siècle plus tôt.
1558. AD02, H 1018. Id. BnF, ms la 5479, p. 14.
1559. Dom Jacques-Louis LENOIR, Bertrand PÂRIS (éd.), Mémoriaux de la Chambre des comptes de Normandie (XIV
ème-XVIIème siècles), Paris, t. 4, 2010, p. 179. Le document normand (mandement au vicomte d’Auge) ne fait bien sûr pas état des revenus dans le Vendômois.
1560. Le père Anselme ajoute ‘Louis d’Estouteville, seigneur de Vaujolis’, et ‘Antoine d’Estouteville, seigneur de Vaujolis après son frere, mort sans enfans de Marie Turpin sa femme’ (HGF-8, p. 95), sans préciser ses sources. Pour le premier, il peut s’agir d’une lecture erronée d’un document touchant le sire du Bouchet qualifié de seigneur de Vaujoly, puisqu’il l’est par son mariage. Pour le second, si Anselme ou l’auteur de recherches antérieures a trouvé mention d’un Antoine d’Estouteville seigneur de Vaujoly, cela le rattache à cette branche de la famille sans qu’il soit nécessairement un enfant de Louis et Jeanne. Robert II est adulte en 1366, mais ses enfants connus naissent à partir de 1383, et Jean a pu lui aussi avoir une descendance.

 
 
Jean fait carrière en tant qu’officier du suzerain du Bouchet : le comte de Vendôme Jean Ier de Bourbon-La Marche († 1393), ancêtre du roi Henri IV et du premier duc d’Estouteville (ch. 29), puis de son fils Jacques II († 1438).
— Le 13 juin 1383, lors d’un hommage du comte Jean à l’évêque de Chartres pour la seigneurie de la Roche-l’Évêque1719, Jean d’Estouteville, écuyer, est dit son maître d’hôtel1720.
— Le 12 octobre 1386, du château de Montoire[-sur-le-Loir], c’est en tant que son chambellan qu’il reçoit procuration du comte, qui l’envoie en novembre rendre hommage en son nom des seigneuries de Bellac
1721 et Champagnac[-la-Rivière]1722 à l’abbaye de la Règle de Limoges1723.
— Le 14 février 1386/7, nouvelle procuration du comte à son chambellan
1724.
— Le 1
er février 1387/8, encore dit son chambellan, Jean donne quittance du tiers des aides sur la terre Quittebeuf1725 au diocèse d’Évreux dû au comte. Le reçu est signé de sa main et marqué de son sceau. L’empreinte de cire rouge dégradée figure un écu penché timbré d’un heaume de profil supportés par deux griffons. Le blason est un singulier burelé au lion, puisque l’épaule de l’animal est frappée de la fleur de lys de la branche du Bouchet (t. 1, ch. 22), répétée sur la couronne du heaume. L’inscription a disparu, hormis un fragmentaire OVTE1726.
— Le 3 septembre 1388, écuyer, Jean d’Estouteville est nommé dans une montre du comte de la Marche à Châlons-en-Champagne
1727.
— 12 février 1394/5, il délivre un reçu scellé de ses gages de capitaine de Château-Renault
1728, cette fois pour le ‘conte de Bloys’ (Guy II de Châtillon). Sur l’empreinte fragmentaire, des griffons entourent l’écu, sur lequel on ne distingue plus que la queue d’un lion1729.
— Selon un exploit d’huissier du 19 mai suivant, dans le contexte d’un procès entre deux branches de la famille de Bourbon, l’homme de loi s’est rendu à l’hôtel de la Marche à Paris et y a rencontré Jean d’Estouteville, qu’il qualifie de ‘familier’ de Jacques II de Bourbon
1730.
Gabriel de la Morandière, le confondant avec le sire de Charlemesnil, le voit vers 1412 « capitaine de châteaux pour Mgr le comte de Bloys »1731, c’est-à-dire à ce moment le duc Charles Ier d’Orléans1732. Comme Gauluet (ci-avant), Jean, au service des Bourbons et des Orléans, est du parti d’Armagnac. Le duc, un des commandants de l’armée royale, est capturé à Azincourt le 25 octobre 1415. Puisqu’il ne peut s’agir d’un de ses trois cousins de même prénom, Valmont, Charlemesnil et Villebon, tous en vie après cette date (ch. 24, 30b, 42), le cadet du Bouchet, âgé d’une soixantaine d’années, est vraisemblablement le Jean d’Estouteville nommé parmi les morts1733.

(T. 2 à paraître)


1719. Les Roches-l’Évêque, Loir-et-Cher, a. Vendôme, c. Montoire-sur-le-Loir.
1270. BnF, ms la 17033, p. 335.
1721. Sous-préfecture de la Haute-Vienne.
1722. Haute-Vienne, a. et c. Rochechouart.
1723. Abbé ROY-PIERREFITTE, Histoire de la ville de Bellac (Haute-Vienne), Limoges, 1851, p. 182, 155. Selon des titres de cette abbaye. Cette référence, ainsi que d’autres qui suivent, m’a aimablement été fournie par Yannick Deloffre Daval, doctorant en histoire, dont les recherches portent sur la vie de Jacques II.
1724. Copiée dans une quittance de Jean au mois de février suivant. BnF, ms fr 27566 (PO 1082), n° 64.
1725. Eure, a. Bernay, c. Neubourg.
1726. BnF, ms fr 27566 (Pièces originales 1082), n° 75. ‘Je ay seelle ceste quittance de mon seel et signe de mon signe manuel’. Aucune seigneurie n’est précisée pour Jean, pas plus que dans les autres documents le nommant. En rapport avec la page 350 de mon tome 1, M. Deloffre Daval a attiré mon attention sur la fleur de lys, qui m’avait échappé lors d’une première consultation des Pièces originales en 2016 (suivie d’une seconde en 2024). Joseph Roman, qui décrivait ce sceau au début du XX
ème siècle (ISCT, n° 4309), ne mentionnait pas ce significatif détail.
1727. Ainsi apparemment qu’au mois d’octobre suivant. DELOFFRE DAVAL, cf. BnF, ms fr 20392, n° 2 bis et 2 ter.
1728. Indre-et-Loire, a. Loches, chef-lieu de canton.
1729. BnF, ms fr 27566, n° 106.
1730. DELOFFRE DAVAL, cf. AN, P 1363/2, n° 1234.
1731. HMEN, p. 231-232.
1732. Il a succédé à son père Louis I
er d’Orléans, comte de Blois de 1397 à 1407.
1733. Jean est l’unique Estouteville nommé par Enguerrand de Monstrelet dans sa liste mortuaire.
Note 1270.

 
 

Signature de Jean, cadet du Bouchet

Sa signature.
BnF, ms fr 27566 (Pièces originales 1082), n° 75.