Les landes de Great-Ayton

 

Les landes de Great-Ayton

Dans le parc national des North York Moors. 2022.
Ayton, fief d'une branche cadette issue de Robert III d'E.-Cottingham.

 
Robert Ier d’E.-Ayton.
Robert tient les manoirs de [Great-]Ayton
1128 et d’Hemlington1129 de la châtellenie de Cottingham, qui elle-même les tient des Chester et des Mesnil1130, chacun valant 0,5 fief1131. Il fait don au prieuré de Guisborough tout proche d’une terre à Ayton que Nicolas, fils d’Osbert d’Ayton, tient de lui1132. C’est le cartulaire de ce prieuré qui fournit les liens familiaux explicites concernant les Estouteville d’Ayton. Il semble qu’il accompagne son frère Osmond en Palestine en 11911133, le sire d’Ayton étant l’unique Robert d’Estouteville adulte connu à cette date. Faveur rare, Richard Cœur de Lion lui accorde la haute justice1134 de son fief vassal, ce qui ressemble fort à une récompense pour services rendus ou à un dédommagement pour la mort d’un frère, ou les deux : sans doute accompagnait-il lui aussi le roi à Jaffa. Robert épouse en 12071135 Emma Malebisse, fille de Richard Malebisse1136, un sinistre personnage, persécuteur des Juifs d’York en 11901137. Comme Robert est alors dans la quarantaine, il peut s’agir d’un remariage. Emma est dite sa veuve en 12181138.
Robert II d’E.-Ayton.
À une date indéterminée, il confirme au prieuré les donations de son père relevant d’Ayton et Hemlington
1139. En octobre 1252, son droit d’avoir une potence à Ayton lui est confirmé, après enquête, attendu que lui et ses ancêtres ont ce droit depuis le temps du roi Richard1140 (1189-1199), qui l’a donc accordé à son père. Le 18 février 1252/3, Henri III lui concède la libre garenne sur ses terres d’Ayton, Hemlington, Tunstall1141 et Nidd, ainsi que, à Ayton, un marché hebdomadaire le lundi et une foire annuelle de trois jours à la Saint-André1142. Robert est nommé parmi les chevaliers du Nord le 17 janvier 1264/51143 ; il est encore au service du roi le 29 mai 12661144. À sa demande, Guillaume Tyrel est pardonné pour la mort de Mathieu de Shepley le 30 juin 12671145.

(T. 1, p. 254-257)


1128. Yorkshire du Nord, d. Hambleton. Dans le Cleveland, région de landes vallonnées du parc national des North York Moors. L’explorateur James Cook (1728 / 1779) passa son enfance à Great-Ayton.
1129. 7 km au nord-est de Great-Ayton.
1130. William ILLINGWORTH (éd.), Placita de quo warranto temporibus Edward I, II & III, Londres, 1818, p. 199. Au temps de Baudoin Wake, nombreux détails sur Ayton et Hemlington, ainsi que Tunstall et Nidd dont il est question ci-après.
1131. CIPM-2, n° 439, p. 259. En 1282, inventaire après décès de Baudoin Wake, héritier de Cottingham, qui tenait le manoir d’ ‘Aton in Clevelond’ de Nicolas de Mesnil ; l’abbé de Whitby (Yorkshire du Nord, d. Scarborough) a le patronat de l’église. Vers 1190, Guillaume d’Estouteville confirmait la donation de l’église d’ ‘Atuna in Clifland’ à l’abbaye de Whitby (ATKINSON, Whiteby, op. cit., n° LXXIII).
1132. William BROWN (éd.), Cartularium prioratus de Gyseburne, t. 2, Durham, 1891, n° DCXCIII. ‘Unam carucata terrae in Aton cum omnibus pertinenciis suis infra villam et extra’, ‘quam Nicholaus filius Osberti de Aton tenuit de me, cum homagio et servitio ejusdem Nicholay et haeredum suorum’. Carucata, charruée, en général 120 acres. Il fait d’autres donations au prieuré, dont la moitié d’une terre dépendant d’Ayton située dans la lande de ‘Blachou’ (ibid., n° DCXCIV, DCXCVI).
1133. Don d’un muid de blé au
siège d’Acre en 1191, selon un extrait d’un cartulaire de l’évêché de Chartres. ‘Robertus de Stotvilla dedit modium (bladi) apud Villamnovam, dum in obsidione urbis Accon esset. MCXCI, indictione ix.’ Charles MÉTAIS (éd.), Cartulaire de l'abbaye cardinale de la Trinité de Vendôme, t. 3, Paris, 1895, p. 4. Villamnovam non identifié, peut-être Newsham (Yorkshire du Nord, d. Hambleton), où son frère Osmond a des terres.
1134. Note 1140.
1135. ROF, p. 384. Robert d’Estouteville et Richard Malebisse donnent 3 palefrois, à valoir sur un droit de 300 marcs pour l’autorisation du mariage du premier avec la fille du second.
1136. BROWN, ibid., n° DCXCV. ‘Emma filia Ricardi Malebissa’, veuve, renonce aux droits qu’elle a sur les biens relevant d’Ayton donnés au prieuré par, dit-elle, ‘Robertus de Stutevilla, dominus et maritus meus’.
1137. BROWN, ibid., p. 60n.
1138. Doris M. STENTON (éd.), Rolls of the Justices in Eyre... for Yorkshire, 1218-1219, Londres, 1937, n° 64, 208, 1131. Procédure qui l’oppose à Briand de Insula à propos de la tenure d’un tiers du manoir de Nidd (Yorkshire du Nord, d. Harrogate), qu’elle dit avoir dans son douaire avec tous les biens de son défunt mari.
1139. BROWN, ibid., n° DCXCVII, DCXCVIII. ‘Robertus filius Roberti de Stuteville’. ‘Ex dono Roberti de Stuteville, patris mei’.
1140. CClR, 1251-1253, p. 169. ‘Furcas levatas in manerio suo de Aton’ ’. L’enquête est commandée au shérif d’York le 1
er avril 1252 (Calendar of Inquisitions Miscellaneous (Chancery), t. 1, Londres, 1916, n° 158).
1141. À Nunthorpe, limitrophe de Great-Ayton.
1142. CChR-1, p. 419.
1143. FCL-1, p. 804. ‘Robertum de Stotevill de Acon’, comprendre Aton, Ayton.
1144. CPR, 1258-1266, p. 598. Robert d’Estouteville d’ ‘Aton’.
1145. Robert d’Estouteville d’ ‘Aton’. Deux autres hommes sont pardonnés, on ne sait de quoi, à la requête du même en mai. CPR, 1266-1272, p. 58, 75, 79.

 
 

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Great-Ayton.