Dalle funéraire de Jeanne Paynel († 1437)

 

Dalle funéraire de Jeanne Paynel

Fragments retrouvés à Hambye dans les années 1930.
Cliché Léon Sarot de 1933. AD50, 9 Fi 2476.

 

Jeanne est inhumée dans le chœur de l’abbatiale d’Hambye, nécropole des Paynel, où Charles de Gerville a vu sa tombe vers 1810 :

Le tombeau de Jeanne Painel, femme de Louis d’Estouteville, est au milieu du chœur. Il est recouvert d’une fort grande pierre plate, en carreau de Caen. Cette pierre est unie, et l’on y remarque une épitaphe de cette femme, écrite circulairement en caractères gothiques, faciles à lire.

Il ne relève pas cette épitaphe et la tombe disparaît. Elle est retrouvée dans les années 1930, par fragments successifs, dans les ruines du moulin de l’abbaye où elle servait de seuil. L’un d’eux constitue environ un tiers de la dalle funéraire ; un autre, découvert en juin 1939, l’identifie comme étant celle de ‘Jeane Painel’282. L’ensemble, alors en sept morceaux, recompose un peu moins de la moitié de la pierre tombale. Le fragment principal inclut l’angle inférieur gauche, qui montre un blason découpé en parti : au 1, burelé de 10 pièces au lion brochant ; au 2, un quintefeuille d’otelles surmontant une figure indistincte283. On lit sur ce fragment :

La dame d’Estouteville et entre autres d’Apilly est donc décédée au Mont-Saint-Michel, dont Louis était le capitaine, en décembre 1437.

(T. 2 à paraître)


282. HHCA, p. 423-426.
283. Clichés de 1933 : Léon Sarot, AD50, 9 Fi 2476 ; J. Besnard, HHCA, p. 424. Le fragment principal est aujourd’hui brisé aux deux tiers de sa longueur, perpendiculairement au bord ; l’angle armorié, présent sur les photographies de 1933, aussi brisé, semble avoir disparu (clichés de l'exposition Pierres de lumière à l’abbaye d’Hambye en 2012).
284. On lit en outre ‘de [g]ace’ sur un morceau constituant l’angle inférieur droit, blasonné d’un parti : le 1 montre la moitié inférieure d’un lion brochant sur un burelé ; le 2, presque effacé, semble figurer un autre lion sur un fond uni, peut-être pour Bricquebec. Un éclat est brisé des deux côtés autour de sept lettres : ‘melle Ra’, pour le Mesle-Raoul, ou
Merlerault, hérité de Jeanne de la Champagne, avec Gacé et Apilly. Selon la disposition du texte, ces trois terres terminent l'énumération des fiefs de Jeanne Paynel, dont il manque les premiers, ceux de la succession des Paynel, qui devaient être listés sur le côté droit de la pierre.