Convention en vue de la reddition de Rouen (1204)

 

Convention en vue de la reddition de Rouen (1204)

Henri d'Estouteville est un des souscripteurs.
Archives nationales, AE/II/199.

 

Château-Gaillard tombe le 6 mars 1204. Le duché se soumet, hormis quelques places, dont Verneuil, Arques et Rouen. Philippe Auguste met le siège à la métropole normande où se sont repliés les combattants. Henri est un de leurs capitaines. Les Rouennais font ‘plusieurs sorties qui leur réussirent assez bien’, selon François Farin, ‘mais enfin ayant les vivres coupez, et étant pressez de trop près par les assiégeans’, ils doivent se résoudre à signer, le 1er juin, une convention de reddition. Ils en appellent au roi Jean :

[Le roi de France nous a accordé] à compter du premier du présent mois de juin, une trève de trente jours, à la condition que, si Jean, roi d'Angleterre, dans les trente jours à venir, ne fait pas la paix avec le roi de France, aux conditions de ce dernier, ou s'il ne le repousse pas par la force des armes, nous livrerons au dit roi de France, ou à son mandataire, la ville de Rouen toute entière avec ses forteresses. En foi de quoi nous avons juré l'observation des conventions qui suivent, moi, Pierre de Préaux, Geoffroy du Bosc, Henri d'Estouteville, Robert d'Esneval, Thomas de Pavilly, Richard de Villequier, Pierre d’Hautot ; et tous les chevaliers qui sont à Rouen feront de même544.

Parmi les clauses de l'accord, nobles et notables s'engagent à livrer des otages : un fils ou un neveu545. L'identité du garant d'Henri n'est pas précisée. Surtout, point essentiel pour ces grands et petits seigneurs soucieux de conserver leurs biens alors que le vent de l'Histoire a manifestement tourné, les fiefs et les droits des assiégés seront garantis si, à l'issue de la trève, ils rendent hommage et service au roi de France. Dès la Saint-Jean, 24 juin, restés sans secours du roi Jean, les Rouennais livrent leur ville avant le terme de la trève. Toute la Normandie tombe bientôt aux mains du vainqueur.

(T. 1, p. 136-137)


544. AN, AE/II/199. Imp. Clovis BRUNEL (dir.), H.-François DELABORDE (éd.), Charles PETIT-DUTAILLIS (éd.), Jacques MONICAT (éd.), Recueil des actes de Philippe Auguste, t. 2, Paris, 1943, n° 803.
545. Pierre de Préaux dit qu’il donne son neveu Guillaume, fils de Jean de Préaux.

 
 

Reddition de Rouen (1204)

Reddition de Rouen : les Rouennais remettent les clés de la cité à Philippe Auguste.
Miniature des
Fleurs des chroniques (fin XIVème s.). BM Besançon, ms 677.